Ce que je voulais ou plutôt ce que j’aimais faire, c’est d’écrire, un jour, une lettre, à une » Dame » que j’ai rencontrée il ya bien longtemps par pur hasard, mais je n’ai trouvé ni l’inspiration ni les mots qui convenaient à sa prestigieuse personnalité et son rang tout à fait extraordinaire. J’ai eu peur que mes paroles soient, ni entendues ni prises en considération, pourtant à chaque fois je rêvais de cette Dame que je voyais me faire des signes d’abattement total de quelqu’un qui a cessé d’espérer. J’ai toujours hésité, malgré ma présence à ses côtés, quotidiennement et depuis longtemps. Elle était en ce temps là belle et jeune, souriante dès que je la voyais.
Si je lui écris aujourd’hui, enfin, cette lettre, c’est que le mal est trop profond et après réflexion j’ai décidé de m’exprimer et lui dire l’affection que j’éprouve à son égard. Un matin, je l’ai aperçue triste et abandonnée à son sort, elle portait des habits de mendiante et semblait inconsciente. Elle avait vieilli et elle est devenue sombre et méconnaissable. Comment donc lui déclarer mon amour malgré sa vieillesse et son âge avancé au mien et surtout son état de dégradation ? Je lui écris cette lettre, donc, d’amour et d’excuses. D’amour parce que je l’aime tout simplement et d’excuses parce que je ne l’ai pas aimée davantage et plus.
Madame.
Je vous rencontre tous les jours et je suis sûr que vous avez certainement aperçu mon attachement et mon admiration dès que je vous voyais. J’avais admiré votre beauté et j’affectionnais tous les jours votre rencontre. Vous suscitiez un plaisir esthétique d’ordre visuel à tous ceux qui vous regardaient. Pourquoi donc cette mélancolie et cette abominable transformation, vous qui étiez un joyau parmi les grandes Dames de l’Algérie ? Relevez-vous Madame on a besoin de votre sourire tel un arbre a besoin de sa sève, souriez nous et dites nous que vous refusez d’être abattue tel un vieux cheval, pourtant qu’on aime, mais qu’on sacrifie.
Est-ce que vous avez souvenir de tous ceux qui vous ont aimé, ceux que vous avez rencontré étant jeune, belle et souriante ? pourtant vous aviez connu, d’illustre écrivains, des poètes, des grands artistes et des scientifiques, tels Guy de Maupassant, Fromentin , Eugène Delacroix, Ibn Khaldoun et j’en passe… ! Pourquoi donc êtes vous devenue Hideuse, sans âme et sans regard ? Acceptez vous qu’on vous abandonne, qu’on change de cape pour aller vivre sous d’autres cieux ? Relevez vous Madame, votre nom ne vous permet pas de céder et de perdre vos qualités premières, vous vous appelez Ksar-El-Boukhari,souvenez vous et on vous aime… Dorbadj Mohamed Ksar-El-Boukhari 29/08/2013